Les récents évènements survenus en Iran indiquent que ce pays a repris sa marche vers la démocratie, la liberté, les droits de l'homme, en un mot vers son occidentalisation.
En découvrant les visages des manifestant(e)s de Téhéran à la télévision, on avait, pour une grande part, l'impression de foules similaires défilant à BERLIN, PARIS, LONDRES ou MADRID. Après tout, ne partageons-nous pas la même origine linguistique avec les Iraniens ? Il y a quelque 5 mille ans (je crois), nos ancêtres auraient hypothétiquement parlé la même langue, que les historiens appellent l'Indo-européen.
Le document-vidéo mis en ligne par Bernard-Henri LEVY me semble extraordinaire par sa symbolique. On y voit le Président de la République Islamique d'Iran, AMHADINEDJAD, prononcer, à la veille des élections, un discours sous forme d'observations devant un aréopage de dignitaires religieux. Mais ce qui est curieux, c'est que ce discours est chuchoté sur un ton presque humble. Du coup, peu importe son contenu conquérant ou belliqueux, ce discours semble plutôt une oraison funèbre. Pour lui, pour le régime ? Ce qui est certain, c'est que les mollah vont perdre le pouvoir tôt ou tard, car ils n'arrivent pas à se renouveler : http://www.dailymotion.com/video/x9ojqd_video-clandestine-sortie-diran-ahma
Dans cette affaire d'Iran, le Président des Etats-Unis, Barak OBAMA, a encore une fois démontré son inconséquence (1). D'abord, il a paru ne pas vouloir s'occuper de l'affaire iranienne, pour rester en bons termes avec les dirigeants actuels de ce pays ; puis après, presque contraint, il s'est mis à protester contre la répression. Ne sait-il pas que son devoir, en tant que Président de la première puissance mondiale, est d'intervenir dans les affaires du monde, dans l'intérêt de la paix, de la liberté et de la démocratie ? même s'il aimerait bien satisfaire ses tendances isolationnistes ! Bien sûr, c'est plus facile de s'occuper aux Etats-Unis de distribuer de l'argent à General Motor, à Chrisler, aux propriétaires de maison en faillite, etc. ! Mais, même s'ils n'interviennent pas, les Etats-Unis seront critiqués. Ce qui est déjà fait, d'ailleurs. "On commence par le désir d'une réconciliation générale, [...], et on finit par le fait que personne ne lève la main dès que le malheur ne frappe que le voisin"(2).
L'Occident doit donc se montrer solidaire du grand mouvement pour la liberté qui vient de voir le jour en Iran.
Pierre Marcowich
(1) La première inconséquence est intervenue pour la question de l'Afghanistan : Barak OBAMA décide d'envoyer au combat 70.000 soldats et en même temps, il déclare vouloir négocier avec les Talibans. Mais quel soldat va accepter de risquer sa vie alors que l'ennemi est invité à accéder au pouvoir par son propre commandement ? Heureusement, il a arrêté ce type de discours (sur intervention de son Conseil de Sécurité ?), parce que, dans ce cas, il eût été légitime de retirer le contingent français.
(2) Oswald SPENGLER, Le Déclin de l’Occident Esquisse d’une morphologie de l’Histoire universelle ; ÉDITIONS GALLIMARD, 1948, renouvelé en 1976. Tome. II, Chapitre IV, l’État, page 403.
1. philosophe Le 30/06/2009 à 15:39
2. Pierre Marcowich Le 01/07/2009 à 22:11