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  • René GIRARD, CLAUSEWITZ ET SPENGLER (7/9/09)+2 com.

    Le 07/09/2009 à 18:14POLITIQUECommentaires (2)Ajouter un commentaire

    L’ouvrage « ACHEVER CLAUSEWITZ » (1) de René GIRARD est la conséquence d’un récent voyage que son auteur a effectué aux Etats-Unis et au cours duquel il a ressenti un profond intérêt pour l’œuvre de Carl von CLAUSEWITZ (1780-1831), « par la découverte d’une édition américaine abrégée de son traité « DE LA GUERRE », et la compréhension soudaine que ce général prussien  (…) avait eu des intuitions très proches des nôtres ». 

    Les réflexions de René GIRARD sont rédigées sous une forme de dialogue avec son éditeur organisé en questions/réponses. 

    Pour René GIRARD, « Achever Clausewitz », c’est comprendre que, si CLAUSEWITZ a écrit cette théorie de la guerre et créé en particulier le concept de montée aux extrêmes de deux adversaires, ce serait « pour chasser la logique apocalyptique de son esprit, pour se persuader à tout prix que le pire sera évité, que la « dissuation » triomphera toujours » (2)

    Avec cet ouvrage, René GIRARD se fixe donc comme objectif « d’aller plus loin dans l’interprétation de CLAUSEWITZ, d’achever cette interprétation.  

    Il convient de préciser immédiatement que René GIRARD n’est pas un pacifiste, prêt à ouvrir les portes à l’ennemi pour avoir « la paix ». Au contraire, il serait plutôt partisan du proverbe latin « Si vis pacem, para bellum » (si tu veux la paix, prépare la guerre). 

    René GIRARD constate d’ailleurs avec regret : 

    « Il semble que toute culture militaire soit morte en Occident. En orient, c’est autre chose. Mais regardez à quel point la suppression du service national est passée inaperçue chez nous. » (3) 

    L’ouvrage René GIRARD, de l’Académie française, commence avec un excellent et fidèle exposé synthétique de la doctrine de Carl von CLAUSEWITZ (1780-1831), théoricien de la guerre moderne par mobilisation totale des ressources humaines et matérielles : la guerre est un "duel", les actions réciproques sont génératrices de violences et de la « montée aux extrêmes », la guerre est un moyen de continuation de la politique, bien que, poussée à l'extrême, la guerre devient une politique.  

    Et c’est à partir de la théorie de CLAUSEWITZ et du thème de DYONISOS (dieu sacrifié de la mythologie grecque) pour confirmer sa sorte de théologie (dite théorie du mimétisme), dans laquelle le Christ, en tant que victime innocente qui se sacrifie volontairement, permet d'arrêter la montée de la violence et éviter un destin un destin apocalyptique, à condition que les homme décident de se convertir : 

    « Nous pouvons participer à la divinité du Christ, à condition de renoncer à la violence. Nous savons maintenant, en partie grâce à Clausewitz, qu les hommes n’y renonceront pas. Le paradoxe veut ainsi que nous commencions à saisir le message évangélique au moment même où la montée aux extrêmes s’impose comme l’unique loi de l’histoire. » (4) 

    Au passage, René GIRARD nous fait découvrir un grand poète allemand de l’époque romantique, Friedlich HÖLDERLIN (1770-1843), protestant attiré par le catholicisme qui, nous dit-il, avait compris que le salut consiste à imiter le Christ, en particulier à déjouer toute rivalité. 

    Notons que, sur la 4ème page de couverture, l'éditeur observe, dans sa présentation de l’ouvrage, un silence pudique sur la thèse théologique de l'auteur qui représente tout de même le tiers de l'ouvrage, car ce n'est pas à la mode pour un intellectuel d'être catholique militant.  

    Mais René GIRARD nous fait aussi partager son goût pour l'analyse stratégique des batailles napoléoniennes à laquelle procède CLAUSEWITZ, mû en tant qu’officier prussien par une sorte d’amour-haine à l’égard de son modèle : 

    « Nous avons là affaire à une identification qui régresse en imitation. D’où l’étrange magnétisme du texte clausewitzien, et le plaisir singulier qu’on peut prendre à lire des phrases du genre : « Les pertes subies par Blücher équivalaient à une défaite, qui donnait à Bonaparte une telle supériorité que la retraite jusqu’au Rhin n’était guerre douteuse ». Est-ce Bonaparte qui parle ou Clausewitz ? » (5)

    Autre préoccupation de l'auteur, c'est la rivalité franco-allemande, puis la réconciliation (rencontre DE GAULLE-ADENAUER en juillet 1962) qu'il nous donne en exemple et en modèle, sans se rendre compte combien ce modèle est anachronique, l'Europe ayant aujourd'hui dépassé l'époque de la rivalité guerrière entre les États-nations européens. Aujourd'hui la rivalité se situe entre civilisations.

    Citant la réconciliation franco-allemande comme un exemple politique, un modèle, René GIRARD décrit l’émotion qu’il a ressenti lors de la rencontre DE GAULLE-ADENAUER le 8 juillet 1962 qu’il a personnellement vécue. Pour lui,il s'agit d’un nouveau départ pour l’Europe, sans même sentir la symbolique de la date à laquelle ces deux vieillards, au faîte de leur « gloire », ont choisi de se rencontrer ! 

    8 juillet 1962 : la France, vient de quitter honteusement l’ALGÉRIE en abandonnant ses citoyens musulmans qui se sont battus pour elle et qui, au moment même où ces deux politiciens boivent les meilleurs vins et champagne, se font égorger sans que De GAULLE (72 ans) ne fasse un seul geste pour les protéger, alors que l’Armée française est toujours en Algérie, munie de tous les moyens militaires nécessaires. De GAULLE ordonne même le contraire. La situation dans certaines banlieues n’est pas étrangère aux conséquences psychologiques de cet événement historique. 

    Konrad ADENAUER (86 ans), plus lucide ( ?), passe la nuit à boire les meilleurs « BOLLINGER », aux dires de René GIRARD. 

    En fait, il ne s’agit pas seulement de réconciliation : le combat a cessé faute de combattants depuis lontemps. En réalité, cette rencontre DE GAULLE-ADENAUER équivaut à un acte notarié, homologuant le renoncement de chacun des deux partenaires. 

    L’ALLEMAGNE abandonne son vieux rêve prussien d’unifier l’EUROPE sous son égide en devenant la nouvelle ROME après la catastrophe mondiale provoquée par la prise de pouvoir plébéienne de 1933 sous la conduite de HITLER, tandis que la FRANCE, spirituellement fatiguée et intérieurement épuisée, renonce, de son côté, à un rôle effectif en tant puissance mondiale et se replie sur l’hexagone. 

    Malgré la réflexion qu’il entreprend  sur CLAUSEWITZ, René GIRARD s'avoue incapable de comprendre, avec les concepts de CLAUSEWITZ, la guerre menée par le terrorisme islamiste contre l'Occident .

    Mais, sur ce point, René GIRARD se montre politiquement correct : BUSH ne peut être selon lui qu'un « va-t'en-guerre ». En outre, l'auteur se hasarde (en 2007) à prédire la défaite des Américains en IRAK, sous la conduite de BUSH que manifestement il n'aime pas.

    Hélas, pour lui, car, dès 2008, la guerre contre le terrorisme en IRAK sous la conduite de BUSH et de ses généraux s'est avérée victorieuse. OBAMA en récolte aujourd’hui les fruits, qu'il s'apprête à gâcher, par son incompétence profonde et son penchant pour la démagogie pacifiste. On se demande comment « achever Clausewitz, si on ne « comprend » pas la guerre actuelle menée par le terrorisme islamiste. 

    D’ailleurs, l’auteur ne s’en donne pas les moyens, car c'est ici que René GIRARD commet un second anachronisme en mettant sur un pied d'égalité le Président BUSH et le Chef d'AL -KAÏDA, BEN LADEN, tous deux qualifiés de "fondamentalistes" du point de vue religieux. Or, il est évident qu'ils ne sont pas des personnages "contemporains" l’un par rapport à l’autre.  

    En effet, le premier représente l'Occident, une civilisation en déclin depuis depuis tout au plus deux siècles, tandis que le second est le produit de la civilisation arabo-islamiste, en décadence depuis au moins 8 siècles.  

    Cet anachronisme est d’autant plus incompréhensible de sa part que l’auteur note lui-même : 

    « Notre civilisation est la plus créatrice, la plus puissante qui fut jamais, mais aussi la plus fragile et la plus menacée, car elle ne dispose plus du garde-fou du religieux archaïque » (6). 

    Il est vrai qu’on est également en droit de se demander de quelle civilisation René GIRARD parle, lorsqu’il évoque le religieux archaïque qui aurait pu protéger « notre » civilisation. S’agit-il de la civilisation occidentale, née vers les 10ème et 11ème siècle entre le Tage (Espagne) et l’Èbre (Allemagne) ? Or, à cette époque, le dogme catholique était identique à celui du catholicisme d’aujourd’hui que René GIRARD ne qualifie pas du tout de religions archaïque : 

    « Les religions archaïques exigent pour fonctionner la dissimulation de leur meurtre fondateur. (…) En révélant le meurtre fondateur, le christianisme détruit l’ignorance et la superstition indispensables à ces religions ; il permet donc l’essor d’un savoir inimaginable auparavant. » (6)

    Mais, pourrait-on dire, René GIRARD est de ceux qui amalgament la civilisation européenne à l’antiquité grecque et latine, et même à celle du monde judaïque ? Il faut croire que non puisqu'il écrit plus loin : 

    « Il (Beaudelaire) refuse que l’Occident minimise son originalité en s’abaissant devant les Grecs, si puérils à côté de nous. La civilisation européenne est la première culture qui s’adresse à la terre entière. » (7)

    Il semble bien que René GIRARD n’ait pas les idées bien arrêtées en matière de civilisation (ou de culture). 

    Avouant son impuissance à « saisir » les « chaînes d’analogie » qui permettrait de comprendre la violence suicidaire et meurtrière de l’islamisme, tout en observant que le succès des terroristes islamistes est dû à un certain soutien psychologique des masses musulmanes, René GIRARD appelle, au final, à réveiller les « consciences endormies ». Vaste programme ! 

    En effet, il est évident que les Occidentaux ont tendance à appliquer leurs propres schémas de pensée aux autres civilisations, et en particulier à la civilisation arabo-islamique, où selon les politiciens et les journalistes, il y aurait, d’un côté, les « démocrates » et, de l’autre, les « fondamentalistes », les « réformistes » et les « rétrogrades », les premiers étant les « gentils » et les seconds les « méchants » ces derniers devant être non pas battus et surtout pas anéantis, mais divisés et retournés. Il y a un parfait amalgame de la guerre contre les islamistes terroristes avec les jeux politiciens français Sarkosy /PS/Modem, alors que, dans la guerre contre les talibans et Al-Kaïda, ces derniers ne pourront être « divisés » et « retournés » que s’ils sont tout d’abord anéantis militairement et politiquement. (8) 

    Au surplus, quoi que dise René GIRARD, CLAUSEWITZ nous fait entrevoir par où se trouve la solution : 

    « C’est pourquoi l’objectif politique ne peut servir de mesure que si l’on tient compte de son influence sur les masses qu’il intéresse ; c’est donc la nature de ces masses dont il faut tenir compte. On comprendra sans peine que le résultat sera totalement différent selon que ces masses représentent des facteurs de renforcement ou d’affaiblissement de l’action. » (9) 

    L’idéologique étant du politique en concentré, c’est donc, à mon avis, une action idéologico-militaire qu’il convient d’entreprendre pour lutter contre le terrorisme islamique, comme nous le suggère CLAUSEWITZ, et non une simple action policière comme le font les pays européens ou exclusivement militaire comme le font les Etats-Unis. L’Idéologique s’adresse aux masses (européennes et musulmanes), l’action militaire aux groupes armées, les deux se confondant sur le terrain militaire : plus l’action militaire sera dure, plus l’action idéologique devra être intense. 

    Mais revenons au sujet de l’ouvrage. Il me semble, pour conclure, que ce qui manque à René GIRARD, c’est l’appréhension de la spécificité culturelle des civilisations qui se font face (en particulier pour l’Islamisme) et la notion de la « contemporainité » des époques et des individus, comme Oswald SPENGLER l’a définie. 

    On ne peut que souhaiter à René GIRARD, qu’après avoir incidemment découvert l’intérêt des thèses de Carl von CLAUSEWITZ, il découvre également celui des thèses d’Oswald SPENGLER, même aussi par le biais d’un ouvrage de synthèse. 

     

    Pierre Marcowich

    (1) René GIRARD – ACHEVER CLAUSEWITZ – Carnets Nord, 2007 – 364 pages, 22 € ; 

    (2) Ibidem, page 18 ; 

    (3) Ibidem, page 168 ;

    (4) Ibidem, page 20 ; 

    (5) Ibidem, page 264 - Gebhard von BLÜCHER feld-maréchal prussien, il entra en 1814  à la tête de son corps d’armée (Armée de Silésie), un des premiers en FRANCE. À ÉTOGES, CHAMPOBERT et MONTMIRAIL, NAPOLÉON 1er battit complètement l'armée de BLÜCHER , mais ne le poursuivit pas, perdant ainsi toute chance de victoire, selon CLAUSEWITZ ; 

    (6) Ibidem, page 16 ; 

    (7) Ibidem, page 16 ; 

    (8) Le Monde, 4 septembre 2009, Éditorial d’Éric FOTORINO, « Sécuriser l’Afghanistan » ; 

    (9) Carl von CLAUSEWITZ – DE LA GUERRE, trad. Denise Naville – MINUIT 1955, Collection « Arguments » - page 59 – Cité par René GIRARD dans son ouvrage à la page 313 ;

  • OSWALD SPENGLER ET « L'EXCEPTION FRANÇAISE »

    Le 15/06/2009 à 21:22POLITIQUECommentaires (1)Ajouter un commentaire

    Un ami visiteur du site me fait remarquer que, si  Oswald Spengler était connu, hors de son Allemagne, dès 1924 dans le monde entier (États-Unis, Espagne, Amérique du Sud, Canada), il ne l'était pas en France, où la première édition a eu lieu seulement en 1948, alors que Monsieur Mohand TAZEROUT (1), germaniste éminent, l'avait fort bien traduit, avec l'accord de Spengler, depuis 1931. 

    Bien sûr, il était connu en France, mais dans des cercles très restreints de philosophes de l'histoire, de germanistes ou de germanophiles. 

    Il y a, à mon avis, deux raisons à cette ignorance de la part des élites françaises. 

    I) A droite et à l'extrême droite, le magistère intellectuel était tenu, de 1910 à 1940, par le Parti de Charles Maurras, l'Action Française.

    Comme chacun sait, l'Action Française était royaliste, mais ce n'est pas cela le plus important.

    L'essentiel était que l'AF véhiculait une idéologie d'immobilisme et surtout de retour en arrière. Il lui fallait absolument stopper le courant de l'histoire : abolition de la République, retour aux corporations, autonomie des provinces, renaissance des langues provinciales (félibriges), comme cela existait sous l'Ancien Régime. Enfin et surtout, Maurras souffrait d'une méconnaissance totale de l'importance de l'aspect psychique de la politique. Pour lui seul comptait la politique de force, sans jamais prendre en compte le point de vue stratégique. D'où l'aveuglement pathétique de Maurras en 1940. Il a cru jusqu'à la fin que c'était la même guerre qu'en 1914-1918.

    Aujourd'hui, nous avons du mal à imaginer l'influence intellectuelle immense qu'a exercée l'Action française sur les esprit de droite, même après 1945 et la déchéance de Charles Maurras. Pourtant, récemment, la France a expérimenté deux hommes politiques de formation maurrassienne : 

    •  Charles de Gaulle: manque de vision stratégique dans la résolution de la Guerre d'Algérie, qu'il a gérée sans vision aucune de l'avenir. Seul comptait, pour le « vieux pays » fatigué des aventures coloniales, son idée que l'avenir de la défense militaire reposait essentiellement sur l'armement atomique, ce qui lui permettrait, pensait-il, de rivaliser avec les États-Unis en leur faisant la leçon et en courtisant les pays arabes ;
    •  Jean-Marie Le Pen: pour lui, comme pour De Gaulle, ce qui compte, c'est la France d'abord, telle qu'elle est et doit rester, sans Europe, sans l'alliance américaine. La France seule : digne héritier de Maurras, lui aussi. Un nationalisme de courte vue. 

    II) A gauche et à l'extrême gauche ,c'est encore plus évident. De 1920 et jusqu'en 1970, les élites de gauche étaient pris par le fanatisme de la nouvelle religion scientiste du Progrès, et surtout par son avatar, le marxisme.Alors, il n'était pas question pour elle d'admettre que la Civilisation européenne pourrait disparaître un jour, comme toutes les autres qui l'ont précédée.

    Les élites de gauche refusaient d'admettre que, comme Oswald Spengler le pense, l'histoire de l'Humanité n'a pas de but, que le Prolétariat (aujourd'hui, les "pauvres", "les exclus") ne sont pas une classe qui peut sauver l'humanité, qu'en fait les luttes pour les salaires relevent plutôt du "panem et circences" de la Rome décadente, et que l'expansion impérialiste est non pas la spécificité du seul capitalisme, mais celle de la culture occidentale tout entière (secteurs économique et intellectuel, morale, philosophie, idéologie politique (démocratie), vision artististique, vestimentaire et même alimentaire, etc.). Cela, la gauche ne pouvait pas l'accepter à l'époque et ne peut toujours pas l'accepter.

     J'ai d'ailleurs lu un livre relativement récent (1987) sur l'Allemagne(2) écrit par deux intellectuels communistes, qui plus est, germanistes et qui se bornent tout simplement à noter que Spengler est très "abstrus", c'est-à-dire difficile à comprendre, voire obscur ; ceci pour éviter d'en parler, tellement le rejet est fort pour préserver leurs propres préjugés sans avoir à les discuter.

    Voilà ce qui, à mon avis, explique la grande ignorance des oeuvres de Spengler en France, encore que ses idées commencent à se répandre, même chez d'anciens communistes.

    Par conséquent, on peut considérer que l'ignorance d'Oswald Spengler par les élites françaises par rapport aux autres grands pays occidentaux constitue une spécifité qu'on peut considérer comme faisant partie de ce qui est aujourd'hui appelé "l'exception française".

    Pierre Marcowich

    (1) Je me demande si Monsieur Mohand TAZEROUT ne serait pas d'origine kabyle. 

    (2) Histoire de l'Allemagne contemporaire, Gilbert BADIA, Messidor/Editions Sociales, Tome 1, République de Weimar - IIIème Reich, page 140 

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