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  • « AU-DELÀ DE DARWIN - Pour une autre vision de la vie » de Jean STAUNE

    Le 06/11/2009 à 13:50Commentaires (1)Ajouter un commentaire

    L’ouvrage « AU-DELÀ DE DARWIN - Pour une autre vision de la vie » (1) de Jean STAUNE se fixe pour objectif de démontrer que la théorie de Charles DARWIN ne peut pas à elle seule expliquer toute l’évolution des organismes vivants (de la bactérie à l’être humain) sur notre planète.  

    C’est pourquoi, l’ouvrage de Jean STAUNE commence, dans le premier chapitre, par l’exposition des éléments fondamentaux du darwinisme :

    - les éleveurs d’animaux sélectionnent les animaux, donc la nature doit faire de même ;

    - il naît plus d’individus qu’il n’en peut survivre (thèse malthusienne) ;

    - il en découle, dans chaque espèce, une lutte entre les individu pour l’existence d’une intensité maximale  ;

    - l’égalité n’est pas dans la nature et la balance penche pour les plus forts ;

    - dans le passé, il y a de grands changements géologiques, donc des changements ont eu lieu aussi pour les êtres vivants ;

    - les variations se sont réalisées graduellement, très lentement. 

    Dans la vision de la vie qui était celle de Darwin, nous dit Jean STAUNE, une longue suite de petits changements se déroulant au hasard pouvait, grâce au triage effectué par la sélection naturelle qui, à chaque génération, ne retient que les meilleurs, permettre le développement de toute la diversité des formes vivantes. 

    Il convient de noter que l’auteur entend réaliser la critique du darwinisme à partir des faits uniquement, en se « tenant au maximum à l’écart de l’idéologie et des questions philosophiques » (2) 

    En effet, Jean STAUNE tient surtout à se démarquer du créationnisme, doctrine attribuant à une puissance extérieure, métaphysique (DIEU), la création de l’univers et donc de la Terre et des êtres vivants, même si cette doctrine admet l’évolution à partir de l’étincelle de vie créée à l’origine par la puissance divine.  

    On peut d’ailleurs, à mon avis, être tout à la fois créationniste et parfaitement darwinien pour ce qui concerne l‘évolution postérieure à la création de l’étincelle première à l’origine de la matière puis de la vie. C’est le cas de l’Église catholique.  

    Mais, se situant à un autre niveau, Jean STAUNE se donne pour objectif de démontrer, par les faits, que le darwinisme ne peut pas être considéré comme « la » théorie de l’évolution. 

    Le darwinisme affirme que l’évolution s’est faite au hasard, par tâtonnement et graduellement, en vue de permettre aux êtres vivants (bactéries, insectes, animaux, êtres humains) de s’adapter pour survivre.

    Les mieux adaptés étant les plus forts et les plus aptes à se reproduire, ce sont leurs mutations qui se sont imposées à l’ensemble de l’espèce concernée par l’effet de la reproduction. 

    Jean STAUNE nous dit que Charles DARWIN n’a pas tort, mais que sa théorie ne s’applique qu’à la marge et ne concerne pas l’évolution globale du monde vivant. 

    Par exemple, Charles DARWIN a raison quand il considère que les taupes ont perdu leurs yeux parce qu’elles n’en avaient pas besoin dans leurs trous souterrains, ou que l’allongement du cou de la girafe a permis à celle-ci de saisir les meilleures feuilles en haut des arbres de sorte que cette mutation s’est imposée à l’ensemble de l’espèce, car cet allongement a instauré une meilleure adaptation de ses conditions de vie. 

    Selon Charles DARWIN, une mutation se produit tout-à-fait par hasard, sans raison, et si elle permet à l’espèce (ou à la variété) une meilleure adaptation, elle s’étend peu à peu à l’ensemble de l’espèce, car ceux qui en hériteraient seront les plus forts et les plus aptes à se reproduire. 

    Le même mécanisme de mutation-adaptation est appliqué à l’homme, de sorte que les darwinistes considèrent que l’homo sapiens sapiens (c’est à dire nous-mêmes) est le résultat de hasards véritablement incroyables ! 

    Cependant, observe Jean STAUNE, la théorie de Charles DARWIN et des darwinistes actuels contient un certain nombre de faiblesses liées à la simple constatation des faits. 

    En effet, de telles mutations dues au hasard impliquent, comme l’admettait déjà Charles DARWIN, que l’évolution se soit faite graduellement, petit à petit. Or, on n’a jamais retrouvé les individus disposant de mutations intermédiaires. En outre, et surtout, une évolution graduelle impliquerait une naissance de la vie sur la Terre beaucoup plus ancienne qu’elle ne l’est en réalité. 

    En effet, la vie est apparue sur la Terre depuis 600 millions. Il est généralement admis, par les darwinistes également, que la totalité des changements doit se produire pendant 1 % à 5 % du temps de vie des espèces, puisque le reste du temps elles doivent être stables pour vivre, se reproduire, etc..  

    Et Jean STAUNE de conclure : « Les grands changements survenus depuis 600 millions n’ont disposé en fait que de 6 à 30 millions d’années pour se produire. Cela représente un temps bien trop limité pour une évolution due aux mécanismes darwinien. » (3) 

    Tout ceci démontre, nous dit Jean STAUNE, que la théorie de Charles DARWIN ne peut pas expliquer l’ensemble de l’évolution, mais seulement un aspect de l’évolution, à savoir celle de l’évolution due au hasard, sans qu’il y ait apparition d’une nouvelle espèce du fait de la mutation : du type primate (« proconsul » ?) à hominidé (australopithèque); par exemple.

     C’est pourquoi, certains néo-darwiniens l’admettent en tentant d’adapter le darwinisme, car la structure des fossiles déjà trouvés s’oppose à la théorie darwinienne du gradualisme.  

    En fait, on constate, nous dit Jean STAUNE, citant le professeur généticien de l’Université de Berkeley, Richard Goldschmidt, des apparitions « soudaines » d’espèces nouvelles à partir d’anciennes (l’apparition s’effectue sur plusieurs centaines, voire quelques milliers d’années). Les vrais changements dans la nature s’effectue grâce des « sauts », par lequel la nature crée des « monstres prometteurs » qui connaissent le succès et se développent. Le premier hominidé fut peut-être un « monstre prometteur » (hopefull monster). 

    À cela s’ajoute le fait que les mutations dues au hasard sont souvent handicapantes et même mortelles. Jean STAUNE en donne de nombreux exemples. 

    À la lecture de l’ouvrage de Jean STAUNE, je dirais, quant à moi, que la théorie darwiniste est à la théorie de l’évolution ce que la gestion micro-économique est à la théorie macro-économique : ce n’est pas parce que l’épicier du quartier repeint sa devanture pour s’adapter à la demande et survivre que l’on peut se passer de rechercher la logique organique de l’ensemble de l’économie. 

    C’est pourtant ce que refuse de faire les darwinistes aujourd’hui, quitter « le point de vue de la grenouille pour la perspective de l’aigle » (comme dirait Oswald SPENGLER). 

    La raison de cette obstination des darwinistes d’aujourd’hui se trouve, nous dit Jean STAUNE, que la théorie s’est imposée contre les thèses créationnistes qui, au XIXème siècle, continuaient de régner sur les esprits. De cette lutte originelle contre la darwinisme, les darwiniens en sont restés marqués. 

    C’est ainsi que, lorsque que des biologistes proposent des thèses où il apparaît que l’évolution serait globalement régie par des lois, qui constitueraient une structure, et que la logique organique serait de conduire vers la complexité (vers l’homme), les autorités darwinistes condamnent ces thèses comme étant en réalité des thèses créationnistes.

    Comme les darwinistes disposent de positions fortes dans la société (establishment scientifiques, médias, revues scientifiques spécialisées, subventions, etc.), ils font en sorte que les thèses qui mettent en cause la domination absolue de la doctrine darwinienne ne doivent pas être connues du grand public. 

    C’est donc pour combattre le fondamentalisme néo-darwinien que Jean STAUNE a écrit cet ouvrage. 

    Mais Jean STAUNE ne fait pas que critiquer la théorie darwinienne.  

    Son but est aussi de démontrer qu’une autre vision de l’évolution de la vie peut être bâtie sur des bases rigoureusement scientifiques.  

    Le but de cet ouvrage est de briser ce « mur de silence » en mettant à la portée du grand public les découvertes et les théories susceptibles de lui donner une nouvelle vision de la vie. 

    Pour ce faire, Jean STAUNE entreprend de synthétiser des idées de paléontologistes, bio-chimistes, généticiens et biophysiciens afin de les mettre à la portée du grand public. 

    Il convient de remarquer, nous dit Jean STAUNE, que les darwinistes vont même jusqu’à censurer Charles DARWIN. Ainsi dans la traduction française de 1896 de « L’ORIGINE DES ESPÈCES », après s’être posé la question de savoir qui a insufflé la vie dans la forme primitive, Charles DARWIN dit dans l’avant-dernière phrase de son ouvrage : 

    « N’y-a-t-il pas une véritable grandeur dans cette manière d’envisager la vie, avec ses puissances diverses attribuées primitivement par le Créateur à un petit nombre de formes, ou même à une seule ? » (4) 

    Il n’est pas douteux que Charles DARWIN a rajouté le mot « Créateur » à l’édition définitive pour s’attirer les bonnes grâces de l’establishment créationniste de son époque. 

    Mais l’édition d’aujourd’hui (Flammarion) reprend la traduction définitive de 1896 et, l’intitulant « révisée », fait subrepticement disparaître le mot « Créateur » ! 

    Et Jean STAUNE de s’interroger : 

    « Outre l’inexistence en langue française d’une véritable édition critique de « l’Origine des espèces », n’est-il pas significatif que certains darwiniens se mettent à censurer Darwin ? » (5) 

    Le Chapitre 2 de l’ouvrage rapporte les batailles « meurtrières » que se livrent entre eux les principales écoles darwiniennes. 

    Le chapitre 3 tend à démontrer que d’autres forces que celles incluses dans le mécanisme darwinien s’exercent dans la nature et font évoluer les êtres vivants. C’est la logique organique de l’évolution dont Jean STAUNE nous présente avec clarté les différentes thèses, exemples et graphiques à l’appui. 

    Il cite le cas notamment du processus biologique qui a permis le passage du reptile primitif au mammifère à partir de l’étude de l’embryon du mammifère. On constate une « poussée globale » des reptiles primitifs vers les mammifères (donc vers plus de complexité). 

    La conclusions en est que l’évolution n’est ni aléatoire, ni graduelle, ni liée à une nécessité immédiate, et n’est pas le produit de la sélection naturelle. 

    En outre, Jean STAUNE nous expose également que l’évolution et la sélection sont deux phénomènes séparés. En effet, une espèce peut muter énormément sans évoluer, c’est à dire sans qu’il y ait création d’une nouvelle espèce. 

    Dans le chapitre 4, Jean STAUNE nous montre que nous avons de fortes indications que l’évolution est un phénomène en partie prédictible. 

    Dans les chapitres suivants, Jean STAUNE nous expose que tout en se fondant  sur des analyses scientifiques, la nouvelle vision de l’évolution remet également à l’honneur les intuitions de grands biologistes ou paléontologistes, et en particulier :

    - Johann Wolfgang von GOETHE et sa structure de la feuille q’on retrouve dans tous les végétaux,

    - ainsi que Richard OWEN, et son concept d’homologie. 

    Il convient de noter qu’Oswald SPENGLER s’est inspiré de ces deux concepts pour analyser la structure des cultures. 

    Jean STAUNE nous expose également qu’en étudiant la structure des crânes, tels qu’ils ont évolué du lémurien à l’homme en passant par le grand singe, des biologistes ont constaté une poussée de la contraction crânio-faciale (disparition du « museau »). Il y a un processus d’homonisation depuis 45 millions d’années, que le hasard et la sélection pour s’adapter ne suffisent pas à expliquer. 

    Une autre étude (hortopédie dento-faciale) effectuée sur les enfants par une biologiste, Anne Dambricour,t montre un nombre croissant d’enfants présentant des déséquilibres dans le développement du visage (au niveau crânio-facial). 

    Et Jean STAUNE d’observer : 

    « La multiplication de ces déséquilibres n’est-elle pas un signe que le plan d’organisation de l’Homo sapiens commence à bouger ? N’est pas comme cela que ce sont produites les macro-évolutions précédentes ? si nous avions été présents avant l’apparition des premiers Homo habilis, n’aurions-nous pas vu naître de nombreux australopithèques avec des déséquilibres croissants de la face ? » (6) 

    Mais Jean STAUNE tempère cette extrapolation, car « nous avons constaté que les innovations étaient de plus en plus rares dans le domaine de l’évolution » et qu’il convient d’admettre « que nous soyons le résultat du dernier événement de cette nature ». (7) 

    Pierre Marcowich

     

    (1) Jean STAUNE, AU-DELÀ DE DARWIN - Pour une autre vision de la vie - Éditions Jacqueline Chambon/Actes Sud, 2009 - 314 pages ; 

    (2) Ibidem, page 15 ; 

    (3) Ibidem, page 192 ; 

    (4) Ibidem, page 27 ; 

    (5) Ibidem, page 28 ; 

    (6) Ibidem, page 213 ; 

    (7) Ibidem, page 261 ;

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