Chaque culture se développe à partir d'une logique organique qui lui est spécifique, logique organique que Spengler dénomme destin.
Par exemple, pour ce concerne l'âme occidentale, elle est dès le Xème siècle vers la recherche de l'espace pur illimité, ce qui a donné
Cette course, trépidante et haletante vers l'illimité, vers l'infini, perdure encore jusqu'à nos jours, même si au départ (gothique, baroque), la recherche de l'infini était tournée vers l'intérieur de soi (mystique), alors que aujourd'hui, cette quête « infinitésimale » est entièrement tournée vers l'extérieur. L''homme n'est jamais satisfait du niveau auquel il est parvenu : recherche permanente de nouvelles découvertes scientifiques, spirituelles, intellectuelles, artistiques, croissance économique permanente, auquel s'ajoute l'esprit d'expansion, par la conquête du monde : empires coloniaux, mondialisation économique du fait du succès en efficacité de sa forme économique (système capitaliste) et donc occidentalisation du monde par la voie économique.
On peut définir en un monde la culture de l'Occident : l'expansion totale perpétuelle, ce qui n'est pas le cas des autres cultures, qui sont restées totalement ou partiellement immobiles durant des siècles.
Il est d'usage de dire que la recherche de l'infini, l'expansion totale et permanente constitue le destin de l'Occident.
Le jour où son expansion s'arrêtera, ayant expérimenté toutes ses possibilités, cela voudra dire que l'Occident n'existera plus en tant que culture.
Dans son ouvrage « L'OCCIDENT/Une interprétation historique », Lucian BOIA définit la culture occidentale par ces 5 caractères spécifiques qui résument bien ce que je viens d'exposer :
INDIVIDUALISME - LIBERTÉ - DIVERSITÉ - ESPRIT DE DÉCOUVERTE - QUÊTE DE L'AVENIR
L'Occident, c'est l'Europe (27 pays) et les Etats-Unis et le Canada, auxquels il convient d'ajouter l'Australie, la Nouvelle Zélande, le Japon, et bien sûr Israël, et aussi l'Amérique du Sud. J'en oublie quelques unes peut-être.
Il est intéressant de rechercher à quel stade est parvenue la civilisation occidentale :
La ville mondiale au stade de la civilisation
Pour Spengler (et d'autres aussi) , la culture occidentale est parvenue au stade de la civilisation : je mets entre parenthèses mes observations personnelles d'actualité.
Au milieu de la ville, analyse Spengler, au lieu d'un peuple aux formes abondantes, qui a grandi dans le terroir, un nouveau nomade (« bobo »), un parasite habitant la grande ville, homme des réalités tout pur, sans tradition, noyé dans la masse houleuse et informe, irréligieux, intelligent, stérile, haïssant profondément le paysannat (et la noblesse terrienne qui en est la suprême expression).
Pour Spengler, Ville mondiale signifie cosmopolitisme au lieu de « patrie », sens froid des réalités au lieu de respect pour la tradition et ses enfants, irréligion scientifique pétrifiant la religion du cœur qui l'a précédée, « sociétés » au lieu d'États, droits naturels au lieu de droits acquis.
L'argent comme grandeur anorganique, abstraite, dépouillée de tout rapport avec le sens du sol fertile et les valeurs d'une économie domestique primitive - est un avantage que les Romains avaient sur les Grecs (aujourd'hui, l'argent est le grand commun dénominateur des gens dits de gauche et des gens dits de droite, mais avec une grande hypocrisie de la part des gens de gauche qui se drapent sous leur bonne conscience, car « ils sont pour les pauvres »)
La ville mondiale n'a pas un peuple, mais une masse.
Ce tableau de la ville au temps de la civilisation (vieillesse de la culture) n'est-il pas criant de vérité ? Il n'y a qu'à regarder la Ville de PARIS (mais aussi LONDRES ou BERLIN), et ces villes de provinces sans aucune vitalité (politique, culturel, spirituel et intellectuel) dont la vacuité de la presse régionale est un reflet réaliste.
Dans la période vieillesse, le pacifisme s'y développe, ainsi qu'une nouvelle forme de religion, allié à la psychologie rationaliste : philosophie sceptique à Rome, bouddhisme en Inde, Philosophie des Lumières, socialisme « scientifique » , problèmes sexuels considérés comme seuls critères de réussite ou d'échec, métaphysique du Progrès, etc.
La vieillesse d'une culture (civilisation) peut se terminer par une mort rapide (Rome - 476) ap. JC) mais peut aussi durer plusieurs siècles : Spengler cite en exemple la civilisation islamique.
La civilisation se termine par une forme de barbarie, pour ensuite entrer dans une période où les populations des villes ont perdu toute identité, abandonnent les villes et perdent jusqu'au souvenir de leur propre culture, dans une espèce d'hébétude, se bornant seulement à travailler pour vivre, dominés par des groupes armés qui prélèvent leur butin sur eux.
À ce moment-là, sur la base d'une paysannerie, du retour à la terre, se prépare la naissance d'une nouvelle culture puis le cycle peut alors recommencer, si les conditions historiques, géographiques et psychiques s'y prêtent.
2. Pierre Marcowich Le 30/09/2009 à 13:34
4. Pierre Marcowich Le 02/10/2009 à 15:34