Oswald SPENGLER répertorie huit cultures parmi le groupe des hautes cultures. Cela ne signifie pas, nous dit-il, que, depuis son apparition, l’humanité n’a crée que huit cultures. Il s’agit des huit cultures historiquement connues : SUMER-AKKAD, ÉGYPTE, INDE, CHINE, ANTIQUITÉ (Grèce et Rome), OCCIDENT, ARABE et MEXIQUE.
Au surplus, Oswald SPENGLER fustige de nouveau la pensée historique de son époque qui ne raisonne que selon le fameux triptyque antiquité-moyen âge-temps modernes, sans prendre la peine d’étudier les époques de chacune des autres cultures :
« On ne trouve partout que le regard despotique de l’Européen occidental, qui ne veut comprendre que ce qui lui vient d’une « antiquité » quelconque à travers un « moyen âge », et qui accorde à peine un regard sérieux à ce qui poursuit ses voies propres. » (1)
Ce regard despotique de l’Occidental perdure encore de nos jours, puisque je lisais dernièrement un ouvrage sur l’évolution des sociétés écrit par un scientifique américain qui classait les « civilisations » sumérienne et égyptienne dans « l’Antiquité » (sic) ! Cet auteur semble ne pas pouvoir imaginer que la culture égyptienne avait traversé des époques historiques spécifiques impliquant une chronologie distincte, de sorte qu’il s’avère aberrant de l’englober purement et simplement dans « notre » Antiquité.
ÉGYPTE ET SUMMER
Oswald SPENGLER situe à 3000 avant J.C. la naissance des deux plus anciennes cultures, d’une part sur les bords du Nil (ÉGYPTE) et d’autre part sur les bords de l’’Euphrate (SUMER), chacune dans des limites géographiques très étroites au début.
Pour ce qui concerne la culture née sur l’Euphrate, Oswald SPENGLER observe qu’elle est connue sous le nom de SUMER pour l’époque de sa jeunesse, sous celui d’AKKAD pour l’époque de sa maturité et en fin sous le nom de BABYLONE pour la maturité avancée (« baroque ») et la phase de civilisation vers 2000 avant notre ère.
Oswald SPENGLER entreprend une analyse comparative entre le « baroque » babylonien et celui de l’Occident, entre SARGON (2500 a. J.C.), qui avance jusqu’à la mer, et CHARLES QUINT, le « maître des quatre mondes ».
Oswald SPENGLER souligne l’importance de la civilisation babylonienne au regard des découvertes scientifiques (science des mesures, des nombres, du calcul) qui connurent une diffusion jusque dans l’Asie et même jusqu’en Europe du Nord où, note-t-il, « les sauvages germains » durent considérer ces outils babyloniens comme des signes magiques et s’en servir comme ornements qualifiés, aujourd’hui, de style « vieux germanique » !
L’humour d’Oswald SPENGLER reflète, je pense, une réalité, car tel est bien souvent le destin d’outils passant d’une civilisation hautement développée à des peuplades encore barbares : le fossé technologique et surtout psychique devait être immensément profond entre ces babyloniens raffinés et les barbares d’Europe occidentale.
Mais bientôt, vers 2000 avant J.C., entré dans la phase de la civilisation où chacun n’aspire plus qu’au repos, à la jouissance tranquille de ses richesses, au pacifisme, oubliant ses origines et méprisant les traditions, le monde babylonien, objet de grandes convoitises, change de mains au profit de nouveaux conquérants qui se succèdent. Le monde babylonien entreprend alors un chemin similaire à celui de l’Empire romain : les prétoriens amorites notamment font et défont les empereurs, puis suivent les Assyriens, les Mèdes, les Perses, les Macédoniens avec Alexandre le Grand, puis à la fin ce sont des bandes armées avec à leur tête des chefs puissants. Tous se succèdent au pouvoir sans provoquer dans le peuple de réaction sérieuse, observe Oswald SPENGLER. Babylone disparaît de l’histoire vers le IIIème siècle avant notre ère. Oswald SPENGLER ajoute qu’en Égypte le cours de l’Histoire fut identique.
INDE, CHINE ET ANTIQUITÉ
À partir de 1500 avant J.C., constate Oswald SPENGLER, ce sont trois nouvelles cultures qui apparaissent :
- la CULTURE INDOUE dans le Haut-Penjab (-1500) ;
- la CULTURE CHINOISE, dans le nord de l’actuelle Chine (-1400) ;
- la CULTURE ANTIQUE, en Mer Égée (-1100) ;
Oswald SPENGLER constate que la CHINE connut trois dynasties qui se réalisèrent entièrement dans la phase de la culture . Puis elle passa à la civilisation à la phase de civilisation, en 441 avant J.C., l’empereur relégué dans une fonction de retraite ne subissant tout de même pas le sort du malheureux LOUIS XVI. S’ensuit alors la période troublée dite des « États batailleurs », c’est-à-dire un siècle de guerre.
Oswald SPENGLER passe en revue les principales périodes de l’Empire chinois en en faisant ressortir les similarités avec l’Empire romain.
Au début de l’ère chrétienne, note Oswald SPENGLER, l’exercice de la puissance mondiale avait pour titulaires la CHINE, ROME et même l’INDE (malgré sa mentalité indoue), puissances qui d'ailleurs s’ignoraient réciproquement. Mais, conclut Oswald SPENGLER, au niveau de la mer Caspienne, ces trois puissances étaient si proches géographiquement, « qu’un contact eût pu en résulter aisément » entre elles.(2)
Chacun sait que ce contact n’eut jamais lieu.
Oswald SPENGLER observe que, par la suite, au début de notre ère, les attaques de Huns se brisèrent sur la Grande Muraille puissamment défendue par des empereurs énergiques, de sorte que les Huns finirent par abandonner et par se diriger vers l’Ouest, laissant la CHINE et l’INDE, dans leur isolement, devenir l'objet des convoitises d’autres puissances de l’Asie : le grand Mogol, le Mandchoue, en attendant l’Occident qui viendra beaucoup plus tard.
Mais, se dirigeant vers l’Ouest, les Huns, guidés par une pléiade de tribus germaniques, parvinrent enfin aux limes romaines. Sous la poussée des Barbares germaniques, ROME devait s’effondrer, et sur ses ruines allait naître, quelque quatre siècles plus tard, la culture d’Occident.
LA CULTURE ARABE
Par contre, la CULTURE ARABE était déjà née à cette époque. Mais, remarque Oswald SPENGLER, la culture arabe est une découverte pour les historiens occidentaux de son époque qui l’assimilaient, et même certains l’assimilent toujours, uniquement à la seule période islamique, et alors même que ce ne semble pas être le cas des historiens arabes. En effet, les historiens occidentaux distinguent la culture araméenne, d’une part, et la culture arabe, venue plus tard, d’autre part.
Pour Oswald SPENGLER, la culture arabe a pour caractéristique d’avoir dépendu de plusieurs cultures au fil des siècles avant de se développer enfin librement avec la naissance de l’Islam :
« Les cultures ici* se juxtaposaient de si près que leurs civilisations étendues se sont superposées à l’infini. » (3)
*ici : c’est-à-dire au Moyen-Orient et dans la Bassin Méditerranéen.
En effet, Oswald SPENGLER propose le schéma suivant :
Pré-culture arabe : Perses et Juifs, dépendant de la civilisation de Babylone ;
Première période de culture arabe : recouverte par la civilisation antique à son sommet venue de l’Ouest. Pour Oswald SPENGLER, la période hellénistique de l’Antiquité (Alexandrie) est en réalité une culture arabe. On croit lire des écrivains grecs, en fait se sont des écrivains arabes s'exprimant en grec, dit-il en substance.
Deuxième période de culture arabe (expansion) : c’est la culture arabe qui s’est superposée sur l’âme du peuple en Espagne, en Provence, en Sicile ;
Civilisation arabe (vers 1000) : elle influença la formation de l’esprit gothique (= occidental).
Oswald SPENGLER délimite l’aire culturelle arabe de la manière suivante :
- au nord : l’Anatolie orientale (Turquie) ;
- au sud : la Syrie et la Palestine (judaïsme et christianisme primitif avec Alexandrie en avant-poste) ;
- à l’est ; l’Iran, pays d’origine du mazdéisme, du Talmud et de la religion du Manichéisme ;
- à l’extrême sud : la péninsule arabique, peuplée de tribus juives, chrétiennes et païennes, foyer futur de l’Islam.
Il convient d’ajouter qu’Oswald SPENGLER considère BYZANCE comme faisant partie de l’aire culturelle arabe.
Au total, remarque Oswald SPENGLER, l’aire culturelle arabe s’est étendue pendant plusieurs siècles dans le périmètre de plusieurs cultures distinctes (Babylone, Égypte, Antiquité grecque et latine venue de l’ouest), qui l’ont recouverte de leur puissance et empêchée de se développer d’une manière autonome en raison de ce corset, et ce jusqu’à l’éclosion de l’Islam :
« C’est à tout ce monde-là que l’Islam, beaucoup trop tard, a fini par donner conscience de son unité, d’où l’évidence de sa victoire, qui lui a conquis presque sans résistance des Chrétiens, des Juifs et des Perses ». (4)
En effet, l’Islam, est apparue en dernier dans la culture arabe, et même trop tard, ce qui explique, selon Spengler, son expansion rapide : « accueilli à genoux » en SYRIE, IRAK, ÉGYPTE, et même en Afrique du Nord, et son court âge de gloire et de rayonnement : Mahomet est mort en 632 et en 732, à peine 100 ans plus tard, on était déjà dans le centre de la France. Puis ce fut le reflux des cavaliers arabes conquérants, à Poitiers (732). Et vers 1100, tout au plus 500 ans après la mort de Mahomet, c'était déjà fini : commençait la pétrification de la phase de civilisation, alors que venait à peine de naître la toute jeune culture d’Occident.
Selon Oswald SPENGLER, l’explosion culturelle arabe aurait dû se produire beaucoup plus tôt mais recouverte par la culture antique et d’autres, elle a mis du temps à pouvoir donner sa pleine mesure, comme l’Occident a pu le faire pendant au moins 900 ans (de 900 à 1800), avant que ne commence pour elle aussi sa phase de civilisation.
Bientôt, ce fut au tour des « Barbares » d’Occident de faire des excursions « pour délivrer le Tombeau du Christ » dans cette civilisation arabe parvenue à sa perfection spirituelle, remarque Oswald SPENGLER qui alors s’interroge :
« Quel effet produit cette invasion aux yeux de l’élite arabe ? Peut-être un effet bolchévique ? Mais la politique arabe méprisait (ces Barbares) et fermaient les yeux sur les évènements en « Frankistan » (4)
En effet, la Croisade a brutalement mis en contact des sociétés jusqu’ici très éloignées et se connaissant très peu. Oswald SPENGLER, qui écrit à l'époque de la Révolution de 1917 en Russie, exagère à peine en évoquant « un effet bolchévique » qu’auraient provoqué les Croisés sur les mentalités arabes. Car qu’y a-t-il de plus « bolchévique » pour l’homme arabe que le statut de la femme reconnu en tant qu’être humain autonome ? C’est ainsi que, dans l’ouvrage collectif « HISTOIRE DE L’ISLAM ET DES MUSULMANS EN FRANCE du Moyen Âge à nos jours », l’un des auteurs, Jean FIORI, cite les souvenirs écrits d’un prince arabe, Oussama Iben MOUNDIQH, vivant en 1250, qui se scandalise du comportement des chevaliers Francs à l’égard de leurs femmes : « L’idée que les Francs se font de l’homme n’est pas moins stupide que celle qu’ils ont de la justice. Vous les voyez, par exemple, se promener, mari et femme, et celle-ci s’écarter, un moment, pour parler à un ami, le mari attendant sagement, et même, pour peu que l’entretien se prolonge, continuant son chemin tout seul. […]. Depuis, j’ai souvent médité cette contradiction flagrante : les Francs sont extraordinairement braves et n’ont pourtant aucune jalousie ni amour-propre. […]. Pourquoi tant de hardiesse à la guerre et tant de désinvolture ailleurs ? » (11)
Aux lecteurs intéressés par le phénomène de la culture arabe, je suggère de se reporter au Tome II de l’ouvrage d’Oswald SPENGLER « Le déclin de l’Occident » dans lequel le chapitre III, soit au total 125 pages, est entièrement consacré aux « Problèmes de la culture arabe ».
Les sept cultures répertoriées jusqu’ici par Oswald SPENGLER se sont développées dans une aire géographique qui va de l’ASIE jusqu’en EUROPE et qui passe par l’AFRIQUE DU NORD.
LA CULTURE DU MEXIQUE
Cependant, Oswald SPENGLER répertorie une culture supplémentaire, cette fois-ci dans l’AMÉRIQUE PRÉ-COLOMBIENNE, la culture du MEXIQUE, comprenant durant son histoire divers peuples, principalement AZTÈQUES et MAYAS. La culture mexicaine était dotée d’une écriture et d’un calendrier : l’homme mexicain avait donc un sens historique.
Il est intéressant de noter qu’Oswald SPENGLER ne considère pas l’Empire Inca comme une culture spécifique. Il la considère peut-être encore au stade de la pré-culture, car elle ne possède pas de système d’écriture. C’est en tout cas ce que semble penser Henri FAVRE, Directeur de recherche au CNRS, spécialiste de l’Amérique latine, qui, dans son ouvrage « LES INCAS », mais en se fondant sur le type de rapports sociaux fondés sur l’échange que pratiquaient les Incas, écrit : « En mettant en évidence l’importance des vieux systèmes de réciprocité dans la reproduction sociale, elles (les recherches) confirment l’intuition de Cunow qui pensait déjà, à la fin du XIXe siècle, que la société andine à l’époque inca manifestait sans doute moins d’analogies avec les sociétés de l’Europe antique et médiévale qui lui étaient opposées en référence, qu’avec celle de l’Afrique ou de l’Océanie modernes et contemporaines. » (9)
En outre, observe Oswald SPENGLER, la culture mexicaine « est l’exemple unique de mort violente,…, assassinée à la fleur de l’âge, fauchée comme un héliotrope qu’on arrache en passant ».(5)
Il ne nous reste plus rien d’elle. Nous savons que cette civilisation était parvenue à un stade de maturité très avancée. Les grandes villes furent abandonnées et livrées aux assauts de la végétation. On ignore encore aujourd’hui leur nom.
« Des évènements de la grandeur des croisades et de la Réforme y ont disparu sans laisser de trace. » (6)
Comme l’observe Oswald SPENGLER, ce qui est extraordinaire dans cette situation, c’est que la destruction de cette culture ne fut pas une décision des grandes puissances européennes. On peut même dire que cela se fit à leur insu. Ce fut l'initiative et l’œuvre d’une bande d’aventuriers.
Selon Oswald SPENGLER, qui constate la difficulté de conjecturer en l’espèce, la culture mexicaine est née 200 ans après la culture arabe et 700 ans avant la culture occidentale. Or, Oswald SPENGLER estime que la culture arabe est née au début de notre ère (avec le christianisme primitif, Mithra et Baal), tandis que l’Occident est né vers 900 (période gothique).
Donc, la culture mexicaine serait née vers l’an 200 de notre ère. Pour établir une correspondance avec l’actuel Occident, c’est comme si nous étions parvenus aux environs des années à venir 2200-2300.
Quand les Européens découvrirent l’Amérique, en 1492, l’Occident en était encore à un stade de jeunesse.
Par contre, la culture mexicaine était déjà parvenue à un stade de civilisation très avancée (1300 ans), donc de grande vieillesse.
Cette « sénilité » de la civilisation du Mexique explique l’existence des grandes villes vidées de leurs habitants, sortis de l’histoire et ayant oublié la signification même de leur propre culture, pratiquant des rites devenus tout à fait formels, sans qu'ils en comprennent le sens : le peuple est devenu une masse silencieuse asservie au travail, les générations se bornent à se reproduire, pendant que des conquérants luttent pour la puissance et les richesses produites. Selon l’expression d’Oswald SPENGLER, il s’agit, pour un peuple, d’un état « fellahique », par référence aux paysans arabes plongés dans un état similaire depuis des siècles.
Voilà le point où étaient parvenus les Mayas. Des puissances se disputaient le pouvoir et les richesses de l’Empire. Mais soudain, un peuple barbare et plein de vitalité physique et mentale, les Aztèques, s’empare du pouvoir en 1325 de notre ère, et en 1400 développe un impérialisme militaire.
Mais en 1500, ce fut la destruction totale, de sorte qu'on ne peut même pas prévoir le développement qu’aurait pris cette civilisation au siècle suivant, par manque de connaissance de la logique organique qui dirigeait la culture.
Mais au-delà de circonstances plus ou moins dues au hasard qui entraînèrent la destruction de la culture mexicaine et de celle du Pérou par une bande d’aventuriers sans foi ni loi, quelle est la raison de fond de cette destruction par des Occidentaux ?
Pour Oswald SPENGLER, la raison de fond se trouve dans la logique organique de l’Occident.
En effet, pour lui, ce qui caractérise l’Occident par rapport aux autres cultures, c’est la formidable attirance du lointain, cette fascination que l’homme occidental a pour l’étranger qu’il veut aller voir, découvrir, mais faire découvrir à l’autre ce que, lui, l’Occidental est capable de faire et convaincre que ce qu’il fait sera bon aussi pour cet étranger. Dès lors, où qu’il aille, l’Occidental se fait un devoir d’imposer son propre monde :
« Mais ce qui dès ce moment distinguait le faustien (=l’Occidental) de tout autre homme des autres cultures, c’était sa soif insatiable de la distance, qui fut, en définitive, la cause de la destruction de la culture mexico-péruvienne. Cette soif sans exemple se manifeste dans tous les domaines. Certes, Carthage et Persépolis ont imité le style ionique ; …et l’histoire découvrira peut-être un jour, dans les constructions en bois des anciens Germains, des éléments chinois…Mais tous cela n’est rien en face de la force d’expansion des styles occidentaux. »(7)
Et Oswald SPENGLER de citer les innombrables cathédrales baroques, avec des chefs-d’œuvre de peinture et statuaire bâties par les Espagnols dans l’Amérique du Sud, tandis que les Anglais, les Français et les Portugais faisaient de même en Amérique du Nord et sur les autres continents, étouffant « peu à peu la forme ancienne propre » (8)
Cependant, selon Oswald SPENGLER, pour comprendre l’histoire des cultures, il faut également prendre en compte l’histoire de l’économie, du droit et aussi celle du paysage. Or, à propos du paysage, avant d’entreprendre un rapide aperçu de la sécheresse qui s’est étendue autour du bassin méditerranéen (Espagne, Égypte, Afrique du Nord), voici ce qu’il écrit : « Il nous manque également une histoire du paysage (donc du sol, donc de la végétation et du climat) sur lequel s’est déroulée l’histoire humaine depuis 5.000 ans. Or, l’histoire humaine est si difficile à séparer de l’histoire du paysage, elle reste si profondément liée à elle par des milliers de racines, qu’il est tout à fait impossible, sans elle, de comprendre la vie, l’âme et la pensée. » (10) S’inspirant d’Oswald SPENGLER dans l’étude des civilisations, Arnold J. TOYNBEE a tenté de répondre à la problématique du paysage soulevé par Oswald SPENGLER dans son ouvrage « A STUDY OF HISTORY », dernière version de 1972, traduit en français sous le titre « L’HISTOIRE » (683 pages), édité actuellement aux Éditions PAYOT, dans lequel il analyse la question du paysage au regard des civilisations en termes de défi-réponse : les civilisations surgissent pour répondre à des défis, en particulier celui des ressources insuffisantes sur des terres ingrates.
Pierre Marcowich
(1) Oswald SPENGLER, Le Déclin de l’Occident ; Éditions Gallimard, 1948, renouvelé en 1976, Tome II, Chap. I, Origine et paysage, page 41, § 10, alinéa 4 ; (2) Ibidem, Tome II, page 45, alinéa 4 ; (3) Ibidem, Tome II, page 45, alinéa 5 ; (4) Ibidem, Tome II, page 46, alinéa 1 ; (5) Ibidem, Tome II, page 46, alinéa 3 ; (6) Ibidem, Tome II, page 47, alinéa 3 ; (7) Ibidem, Tome II, page 48, dernière ligne, et page 49, alinéa 1 ; (8) Ibidem, Tome II, page 49, alinéa 1 ; (9) Henri FAVRE, Les Incas, Presses Universitaires de France, Collections « Que sais-je ? », 1972, réimpression de la 8ème édition, 2008, novembre, page 32 ; (10) Oswald SPENGLER, Le Déclin de l’Occident, page 42, note de bas-de-page. ; (11) « HISTOIRE DE L’ISLAM ET DES MUSULMANS EN FRANCE du Moyen Âge à nos jours », ouvrage collectif, sous la direction de Mohamed ARKOUN, Préface de Jacques LE GOFF, Éditions Albin Michel, 2006, 1217 pages, citation tirée des pages 118 et 119 ;
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